Le Monde diplomatique

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août 2006 Page 26


Translation and conflict. A narrative account

Mona Baker



Traducteurs et interprètes sont souvent présentés comme des «passeurs» dont la médiation serait, par essence, propre à favoriser le rapprochement entre les sociétés. C’est oublier qu’ils sont amenés à sélectionner et manipuler les textes, discours, etc., qu’ils traduisent de diverses manières, en fonction du contexte où ils interviennent. Dans les situations de conflit, ces manipulations prennent des formes exacerbées.

Mona Baker, professeur de «traductologie» (translation studies) à l’université de Manchester, rappelle que «la traduction et l’interprétation font partie de l’institution de la guerre et jouent par conséquent un rôle essentiel dans la gestion des conflits, tant du côté des militaires et de leurs partisans que de celui des militants pacifistes». Ces deux activités contribuent, de manière souvent décisive, à l’élaboration de toutes les formes de récits (narratives) qui «sont un moyen essentiel de générer, d’entretenir et de représenter les conflits à tous les niveaux de l’organisation sociale». Les analyses de Mona Baker sont étayées d’exemples tirés des conflits contemporains, notamment au Proche-Orient.


Richard Jacquemond

 

Routledge, Londres et New York, 2006, 203 pages, 19,99 livres.



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LE MONDE DIPLOMATIQUE | août 2006 | Page 26
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